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Voyages et Santé

 

LA GRIPPE VOYAGE AUSSI…

 

A longueur d’année, diverses souches du virus de la grippe circulent un peu partout dans le monde. Ainsi en toute saison, les voyageurs peuvent croiser ce virus au cours de leurs déplacements d’un continent à l’autre voire d’une région à l’autre. Visite guidée…

 

Coureur cycliste talentueux et redoutable sprinter, l’italien Daniele Bennati s’est fait connaître au grand public en gagnant à Paris, la dernière et prestigieuse étape du Tour de France en 2007. Deux mois plus tard, il remportait trois étapes du Tour  d’Espagne. En 2008, après avoir gagné encore trois étapes au Tour d’Italie, le transalpin fait l’impasse sur le Tour de France et dispute une nouvelle fois le Tour d’Espagne qu’il commence de fort belle manière : leader du classement général dès la troisième étape, il remporte aussi la quatrième étape. Quelques jours plus tard, le 9 septembre, à la stupéfaction générale, il se retire de la course…

Motif de son abandon : la grippe !

Surprenant n’est-ce pas ?

Comment un sportif de haut niveau, censé être en bonne santé, peut-il attraper la grippe, début septembre, en Espagne, région où la saison de la grippe s’étend habituellement de novembre à mars ?

Premièrement et contrairement à ce que beaucoup pensent, « Le sport de haut niveau est mauvais pour la santé...» comme l’indique le généticien Axel Kahn (1). Le haut niveau exige une préparation et des efforts constants souvent à la limite du supportable, notamment pour les compétiteurs qui s’adonnent au cyclisme, au football, au rugby, au tennis, etc. Pour rester au top niveau, le sportif professionnel doit se dépasser continuellement, améliorer sans cesse sa prestation et ses performances. Surentraîné, il affaiblit ses défenses immunitaires lesquelles se trouvent dans l’incapacité de faire barrage au virus de la grippe ou autres microbes.

Deuxièmement. En été, l’Espagne est envahie par des touristes en provenance des quatre coins de la planète. Parmi ces millions de visiteurs, un nombre assez important d’entre eux vient de l’hémisphère sud, de l’Afrique, de l’Amérique (Argentine, Chili, etc.), de l’Asie, de l’Océanie (Australie). De régions dans lesquelles le virus de la grippe est surtout actif d’avril à septembre, voire toute l’année dans les zones tropicales ! Tout naturellement, ces visiteurs apportent avec eux, en Europe, leurs parasites et leurs virus (grippe, sida, etc.)

Très contagieuse, la grippe voyage et se transmet ainsi de lieu en lieu pratiquement toute l’année.

D’où la nécessité pour l’ensemble des voyageurs de s’informer de la présence éventuelle de cette maladie infectieuse, dans la ou les régions où ils choisissent de circuler ou de séjourner pendant quelque temps…

 

LA GRIPPE AUX CHUTES DU NIAGARA

            En fin d’après-midi, le 24 juin 2008, je me tenais sur la vaste esplanade située juste en haut du « Fer à cheval », la plus spectaculaire des chutes du Niagara (côté canadien). Un grand nombre de personnes se côtoyaient sur ce site, l’un des plus recherchés de la planète (13 millions de visiteurs par an). Apparemment, il y avait là des touristes venus des cinq continents : africains, chinois, indiens, indonésiens, japonais, malgaches, mélanésiens ou polynésiens, sud-américains, etc.

            Environ 48 heures plus tard, j’étais au lit avec la grippe : victime semble-t-il – comme le sera également Bennati deux mois plus tard – d’un virus véhiculé par ces voyageurs venus de loin !

            Faisant partie du 3ème âge et souffrant d’une affection chronique des voies respiratoires, je suis classé précisément parmi les personnes à risques. Mon erreur a été de ne pas m’informer avant de partir au Canada. En vue de savoir si la grippe sévissait ou non dans cet immense état nord-américain. Après coup, en consultant sur Internet le site de l’Agence de Santé Publique du Canada, j’ai pu constater que plusieurs foyers de grippe étaient signalés dans ce pays au moment de mon séjour sur son territoire. Foyers de grippe qui persistaient dans les régions ou agglomérations visitées principalement par les touristes : Edmonton (Alberta), Montréal (Québec), Toronto (Ontario) et, sans surprise, la région des chutes du Niagara…

virus grippe

UNE MALADIE VIRALE TRES CONTAGIEUSE

            La grippe se transmet par l’air que l’on respire et qui contient les projections (gouttelettes de salive ou rhinopharyngées) des individus contaminés lorsque ceux-ci toussent, éternuent ou postillonnent, également par contact cutané (poignées de mains, baisers sur la bouche ou sur les joues, etc.) ou encore en touchant des objets ayant reçu des projections contenant le virus.

            En France, la saison de la grippe (novembre à mars) est ponctuée par 2 ou 3 périodes de froid sec plus intense au cours desquelles le virus prolifère et la contagion se transmet de lieux en lieux avec une rapidité impressionnante. En général, il suffit de 24 à 72 heures pour que les symptômes apparaissent (fièvre, douleurs musculaires et articulaires, maux de tête, fatigue intense, toux sèche, gorge irritée, nez qui coule, etc.).

            Quels sont les lieux de contamination les plus habituels ?

            En priorité, les espaces clos à risques : cliniques, hôpitaux, maisons de retraite, etc. Ensuite les espaces clos très fréquentés : transports en commun (autobus, cars, métros, RER, trains, avions, etc.). Sans oublier les écoles, gares et aéroports ; mais aussi les hôtels, magasins, restaurants, salles de cinéma et de concerts, théâtres, lieux de culte, etc. A tout cela, il faudrait ajouter les centres administratifs, commerciaux et sportifs (stades couverts ou non), lieux où se côtoient un grand nombre d’individus…

            La liste n’est pas exhaustive et la réalité à prendre en compte actuellement réside dans le fait que, hors saison hivernale, la grippe est présente, ici et là, sur toute la planète : elle « accompagne » le flot grossissant des voyageurs (artistes, commerciaux, sportifs et accompagnateurs, touristes, visiteurs, etc.) qui se déplacent d’un continent à l’autre. Ce va-et-vient continuel oblige des millions de personnes dites à risques (personnes âgées ou surmenées, asthmatiques, bronchitiques, cancéreux sous traitement, emphysémateux, mucoviscidosiques, diabétiques, sidatiques, insuffisants cardiaques et rénaux, etc.) à faire preuve d’une vigilance accrue pendant le belle saison, même si elles ont été vaccinées contre la grippe.

 

COMMENT EVITER LA GRIPPE ?

            Tant que les chercheurs n’auront pas découvert et mis au point un médicament spécifique pour juguler la grippe, la vaccination anti grippale annuelle restera le meilleur moyen en notre possession pour tenir en échec cette maladie infectieuse. Et, si la vaccination n’est pas un remède miracle, elle est efficace dans 70 à 90% des cas, chez les sujets en bonne santé, âgés de moins de 65 ans. Pour les personnes du 3ème âge, les chiffres sont inférieurs mais on constate chez elles une forte réduction des maladies respiratoires qui accompagnent souvent la grippe, une diminution également de l’ordre de 40 à 50% des hospitalisations et de 60 à 70% des décès, suivant la durée et l’intensité de l’épidémie grippale annuelle.

            D’autres mesures simples de prévention peuvent réduire le risque de contracter la grippe…

Enfin, il faut avoir bien présent à l’esprit qu’une bonne hygiène de vie au quotidien, la sobriété, la dédramatisation ( hygiène mentale ), la maîtrise de soi et la bonne humeur ont un impact positif sur nos défenses immunitaires. Impact positif qui entre aussi en ligne de compte pour faire échec au virus de la grippe.

                                                                          Michel  BALLAIS

 

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