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Montréal, ville refuge été comme hiver

Pour atténuer chez leurs concitoyens les effets des grands froids de l’hiver et des fortes chaleurs de l’été, les autorités montréalaises ont eu la bonne idée de se lancer dans la construction d’une cité-refuge climatisée, au-dessous du centre ville. Visite guidée.

montreal vieux

 

            Au Québec, le passage d’une saison à l’autre est souvent imprévisible et plus rapide que dans les pays de l’Europe de l’ouest. Au sortir de l’hiver, si le printemps arrive lentement, il a vite fait de rattraper le temps perdu : en mai, il n’est pas rare d’enregistrer quelques « poussées » de température approchant ou dépassant les 30°C. Poussées de température qui vont favoriser une prolifération massive des 57 espèces de moustiques et des 72 espèces de mouches noires (simulies) dans ce pays de lacs (plus de 500.000 !), de rivières (plus de 4000) et de forêts. Des insectes piqueurs envahissants, dont il faut impérativement se protéger tout au long de la belle saison à l’aide de moustiquaires et répulsifs cutanés efficaces (Cinq sur Cinq Tropic, Insect-Ecran, huiles essentielles : eucalyptus, lavande, menthe poivrée, citronnelle, etc.).Pour sa part, juin amorce également de belle façon une chaleur estivale humide qui peut être accablante en juillet et en août (températures « ressenties » dépassant parfois les 40°C). Une chaleur quasi équatoriale, difficilement supportable, même chez soi, sans l’aide d’une climatisation bien réglée, capable de produire et de maintenir une température agréable et un taux d’humidité pas trop élevé.

            En septembre, l’automne pointe le bout de son nez. La température est encore douce. Peu à peu les pluies deviennent plus fréquentes et les brouillards font leur apparition. En octobre, la lumière solaire, moins intense de l’été indien, met encore en évidence toutes les nuances du feuillage coloré de l’automne québécois. Pendant quelques semaines, une immense orgie de couleurs (cramoisi, écarlate, vermillon, grenat, jaune-orangé, ocre, marron, etc.) s’empare de la forêt de feuillus. Véritable régal pour les yeux, ce spectacle fait partie des choses à voir que tout québécois ne manque pas de signaler à l’attention des visiteurs venus de la lointaine Europe ou d’ailleurs.

            En novembre, le ciel s’assombrit. La température diminue. La grisaille s’intensifie avant de s’effacer devant l’arrivée soudaine de la saison froide.

L’HIVER QUEBECOIS

            L’hiver est l’événement marquant de la vie québécoise : la neige tombe et blanchit le sol pendant 4 à 5 mois, selon les années. Les températures s’inscrivent quasi constamment au-dessous de zéro degré, le thermomètre oscillant souvent entre – 10 et – 30°C en décembre, janvier et février (période également ou l’influenza – virus de la grippe saisonnière – circule au Québec jusqu’en mars ou avril). Et malgré la haute technicité du continent nord-américain où règnent le chauffage central et la fée électricité, la climatisation et l’isolation thermique, l’hiver québécois reste un défi pour les 7,8 millions d’habitants de la « belle province ». Un défi que la majorité d’entre eux ne manque pas de relever chaque année. La majorité mais non pas la totalité : ils sont près d’un million à quitter le pays pour quelques semaines ou pendant tout l’hiver ! Environ 300.000 possèdent, il est vrai, une résidence secondaire ou tertiaire en un lieu où il fait chaud : Floride, Bahamas, Mexique, Antilles, Amérique du Sud, etc.

            Un défi qu’il n’est pas toujours aisé de surmonter et ce, bien que l’hydro-électricité – peu coûteuse – couvre plus de 80% des besoins en énergie du pays. Depuis janvier 1998, les québécois savent que le tout électrique a aussi ses limites. En ce mois d’hiver, une pluie verglacée persistance a fait plier 30.000 poteaux électriques en bois et 1000 pylônes, privant de lumière et de chauffage plus de 3 millions de québécois pendant plusieurs jours. Bilan de cette catastrophe « climato-frigorifique » : 28 morts (personnes âgées principalement), des centaines de personnes hospitalisées, des dizaines de milliers de sinistrés, évacués et hébergés dans des centres aménagés, des millions de dollars de dégâts, etc.etc.

Précaution utile. Au Québec, comme en d’autres lieux où le froid et la neige ne sont pas seulement un aimable divertissement de courte durée, chaque foyer devrait se munir d’un chauffage de remplacement autonome fonctionnant au bois, au gaz ou au pétrole, en vue de pallier plus ou moins durablement les défaillances éventuelles du réseau électrique. (1)

MONTREAL VILLE REFUGE

            Située à l’extrême sud-ouest du Québec, la région de Montréal (3,6 millions d’habitants) n’échappe pas aux rigueurs de l’hiver.

            Vaste cité francophone et cosmopolite de 1,8 millions d’habitants, Montréal elle-même, utilise à plein temps pas moins de 3000 travailleurs pour traiter les quelque 6,5 millions de tonnes de neige qui encombrent les voies ou lieux publics pendant la longue période hivernale. Période au cours de laquelle la température moyenne mensuelle est souvent comprise entre – 5 et – 15°C en décembre-janvier-février avec des pointes atteignant certains jours de – 20 à – 30°C.

            Pour atténuer chez leurs concitoyens les effets des grands froids de l’hiver et des fortes chaleurs de l’été, les autorités montréalaises ont eu la bonne idée de se lancer dans la construction d’une cité-refuge  au-dessous du centre ville. Une ville souterraine climatisée, réservée aux piétons et desservie par des autoroutes, des gares, des bus et le métro. Une gigantesque toile d’araignée en sous-sol, tissée patiemment au fil des années, de plus de 43 km de galeries, de couloirs et d’escaliers à différents niveaux. Après quatre décennies de travaux et d’aménagements constants, la ville souterraine de Montréal est devenue sur la planète, la première en son genre. Elle comprend notamment plus de 2000 boutiques, un palais des congrès, des milliers de bureaux, 200 restaurants et bars, 24 cinémas, des banques, des hôtels, des grands magasins, des théâtres, des galeries d’art, des gymnases, des piscines, etc. Sans oublier les stations de métro qui constituent elles aussi un élément important au sein du dispositif « climatique » aux dimensions impressionnantes : on peut s’y promener ou y séjourner des journées entières à l’abri de la morsure du froid ou de la chaleur débilitante de la période estivale (juillet-août).

En corrigeant en son sein les excès de l’hiver ou de l’été au moyen de la fée climatisation, la ville souterraine montréalaise est devenue le refuge des individus « climato-sensibles » particulièrement vulnérables au froid intense et/ou à la chaleur humide excessive. Elle constitue également une halte bienfaisante, réchauffante ou rafraîchissante selon la saison, pour ceux et celles dont les mécanismes de régulation de la température interne de leur organisme, s’adaptent sans troubles notoires, aux variations thermiques saisonnières importantes qui caractérisent le climat québécois.

                                                                                              Michel BALLAIS

 

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