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Voyages et Santé

 

 

VOL AU-DESSUS DES NUAGES

 

Les trajets en métro, en bus, en car ou en train

sont autant de voies royales offertes aux bactéries et aux virus

pour changer d’hôte. Malgré un microclimat particulier en cabine,

le voyage en avion n’échappe pas complètement à cette réalité. Explications.

 

 

 

La consultation chez l’oto-rhino-laryngologiste (ORL) touchait à sa fin. Après avoir prodigué divers soins à un alerte septuagénaire qui devait partir en voyage prochainement, le spécialiste posa à son patient – un habitué – une ultime question avant de rédiger une ordonnance : «  Votre déplacement en avion sera-t-il un vol de longue durée ? ». Un peu surpris et perplexe, le vieil homme hésita avant de répondre par l’affirmative. L’homme de science sourit. Puis avec douceur et patiemment, il expliqua que les personnes souffrant d’infections récidivantes des oreilles, du nez et des sinus devaient prendre quelques précautions au moment de monter dans l’avion, pendant le vol voire après l’atterrissage. En l’occurrence, se munir de médicaments spécifiques pour éviter les douleurs d’oreilles, maux de tête et saignements de nez.

 

La connaissance des particularités de l’environnement en cabine peut contribuer à rendre plus agréables les longs déplacements en avion, tant pour les passagers en bonne santé que pour ceux qui présentent divers troubles fonctionnels plus ou moins importants.

 

Un microclimat particulier

 

Malgré la mise en place d’un système de pressurisation tendant à normaliser la pression atmosphérique à bord d’un avion de ligne, cette pression reste inférieure à celle relevée au sol. Sur la plupart des vols, la pression enregistrée en cabine correspond à celle qui règne à une altitude de 1500 à 2500 mètres au-dessus du niveau de la mer. Quand on sait également que dans les jets modernes pressurisés, la moitié de l’air en cabine provient de l’extérieur au moyen des réacteurs et que l’autre moitié est de l’air recyclé et filtré, on conçoit aisément qu’il en résulte une diminution, peu importante mais réelle, de la teneur en oxygène au fur et à mesure que l’avion prend de l’altitude.

 

Chez les passagers relativement en bonne santé, des mécanismes physiologiques se déclenchent spontanément pour apporter à chacun la quantité d’oxygène dont il a besoin (accélération du rythme cardiaque, augmentation de l’amplitude respiratoire notamment). Par contre, les passagers fragilisés par une affection cardiovasculaire, pulmonaire ou de la sphère ORL peuvent éprouver des difficultés à surmonter une plus faible teneur en oxygène. Ces personnes ont intérêt à  consulter leur médecin avant de prendre l’avion pour savoir si elles sont aptes à voyager par les airs ou si elles auraient besoin d’oxygène thérapeutique pendant le vol (aviser la compagnie aérienne choisie quelques jours avant le départ).

 

Autre élément à prendre en considération : le taux d’humidité relative anormalement bas en cabine. Le plus souvent, il est inférieur à 20% (entre 50et 75% en habitation). Cette siccité inhabituelle de l’air tend à dessécher les muqueuses et peut provoquer une inflammation au niveau des sinus et de la gorge, qui va faciliter la pénétration des germes pathogènes (Pr. Luc Montagnier). Elle peut être aussi à l’origine d’une gêne respiratoire chez les bronchitiques ayant besoin d’expectorer fréquemment. D’où la nécessité évidente pour les personnes concernées, et pour l’ensemble des passagers, de boire suffisamment d’eau et de jus de fruits (alcool à éviter) au cours d’un vol de longue durée, pour saliver davantage et ne pas se déshydrater.

 

De même, une baisse relative de la teneur en oxygène, un air ambiant très sec, une consommation insuffisante d’éléments liquides et une immobilité prolongée peuvent engendrer des effets secondaires désagréables (céphalées, étourdissements, ankylose, fatigue, déprime, etc.) : au cours du vol, il faut boire abondamment mais aussi bouger les bras et les jambes, s’étirer et, dans la mesure du possible, marcher dans les allées de la cabine pour activer la circulation sanguine et se dégourdir les jambes. Ces moments de décontraction active  deviennent indispensables pour ceux et celles qui souffrent d’insuffisance veineuse ou cardiaque, ou qui ont des varices importantes.

 

Virus et bactéries

 

Dans les jets modernes pressurisés, le système de recyclage de l’air comporte des filtres efficaces qui permettent de réduire au minimum la présence de composés organiques volatiles (solvants) et des particules en suspension dans l’air (poussières), de monoxyde et de dioxyde de carbone, d’ozone et de microorganismes au sein de l’atmosphère en cabine. Et s’il y a assez souvent transmission de maladies infectieuses à bord d’un avion, il a été démontré qu’elle résultait généralement d’un contact de personne à personne… (1)

 

D’une manière générale, explique le Pr. Luc Montagnier – découvreur du virus du sida – une personne infectée qui parle, tousse ou éternue en lieux clos, risque de contaminer son entourage immédiat. Ejectés dans l’espace, postillons et fines gouttelettes de mucus infectés peuvent se poser également sur des objets qu’on touche avec les mains (se laver souvent avec du savon). Autre voie de contamination à laquelle on ne pense guère : certains virus peuvent se fixer sur des particules de poussières qui se meuvent dans l’air, d’où l’intérêt, dans les lieux à risque, de respirer uniquement par le nez. L’efficacité de ce filtre naturel peut être renforcée à l’aide d’huiles essentielles anti-microbes (eucalyptus, lavande, menthe, etc.) contenues dans un stick ou répandues sur un mouchoir que l’on respire à intervalles réguliers.

 

« Avant d’entreprendre un voyage en avion, conclut le Pr. Luc Montagnier, il est préférable d’avoir un système immunitaire en bon état. (2)

 

Pour améliorer le fonctionnement du système immunitaire, la médecine préconise, à juste titre, une consommation plus importante de vitamine C. A cela, il faudrait ajouter une hygiène de vie basée sur une alimentation saine et équilibrée (boire beaucoup d’eau), un exercice physique régulier en plein air (oxygénation abondante), un repos suffisant et une hygiène mentale visant à acquérir une tournure d’esprit résolument constructive (rechercher aussi la compagnie de personnes paisibles, bienveillantes, drôles ainsi que les récits, documentaires  et films relatant des faits à caractère éducatif ou amusant, engendrant la bonne humeur et la détente).

 

 

                                                                                                Michel BALLAIS

 

 

  1. Consulter le site www.aircanada.com (conseils de santé)

 

(2)  Paris-Match n° 2812 – Avril 2003

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